Historique de la Société des Amis
de la Cathédrale de Strasbourg

La Société des Amis de la Cathédrale de Strasbourg a été fondée le 9 juillet 1902. Elle est une association à vocation culturelle, reconnue d’utilité publique par arrêté préfectoral du 10.9.2001 (J.O. du 29.9.2001 p. 15388), au service de l’édifice le plus prestigieux de l’Alsace. L’article 2 de sa charte constitutive précise que :
« l’association a pour but de susciter parmi le public l’intérêt pour la sauvegarde de la Cathédrale, pour la connaissance du monument, ainsi que pour la préservation des œuvres d’art qui s’y trouvent. Elle apporte son soutien aux institutions chargées de l’entretien de la Cathédrale, à savoir les Services de la Direction des Affaires Culturelles, la Fondation de l’Oeuvre Notre-Dame et le Conseil de Fabrique de la Cathédrale. Elle favorise les études sur la Cathédrale sous leurs divers aspects, archéologiques, artistiques, historiques, juridiques… ».

Elle est née sous l’impulsion de l’architecte de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame Johann Knauth (1864-1924) pour soutenir les futurs travaux de réfection, en raison des graves menaces qui risquaient de provoquer l’écroulement de la tour. De nombreuses personnalités ont soutenu sa création comme le maire de Strasbourg Otto Back, l’évêque de Strasbourg Mgr Adolphe Fritzen, les professeurs Georg Dehio, Julius Euting et Eugène Muller, l’archiviste Wilhelm Wiegand, l’archiprêtre Alphonse Kieffer, le chanoine Paul Muller-Simonis, le directeur des Musées Adolphe Seyboth, l’architecte Charles Emile Salomon, le conservateur du Cabinet des Estampes Camille Binder, le conservateur des Monuments Historiques d’Alsace Félix Wolff, ainsi que de nombreux notables locaux. La Société organise à plusieurs reprises une loterie publique afin de collecter les fonds nécessaires pour financer les travaux. Elle a également enrichi les collections publiques en finançant les moulages de nombreuses sculptures de la cathédrale, en offrant des photographies, livres, dessins plans et gravures. Elle fait paraître dès 1903 une publication appelée Strassburger Münster-Blatt.
La fin de la guerre de 1914-1918 marque une interruption dans l’activité de la Société avec la mise à l’écart de Johann Knauth puis son expulsion comme citoyen allemand. Le Strassburger Münster-Verein change de dénomination pour devenir la Société des Amis de la Cathédrale de Strasbourg. Par ailleurs, en raison des changements politiques, la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame perd ses prérogatives sur les travaux à la cathédrale. En effet, l’Etat va prendre en charge la restauration et l’entretien de la cathédrale de Strasbourg comme édifice classé par les Monuments Historiques conformément à la loi du 31 décembre 1913 devenue applicable en Alsace-Moselle à la suite des lois introductives de la législation française.
Sous l’impulsion de l’abbé Joseph Walter (1882-1952), la Société procède à une refonte des statuts et engage une réorientation importante de l’activité de l’association quant aux buts poursuivis. Elle favorise des études érudites sur l’édifice sous les différents aspects archéologiques, artistiques, historiques, etc… articles qui paraîtront dans le Bulletin de la Cathédrale de Strasbourg. Par contre, son mécénat prend désormais une nouvelle orientation. Elle ne financera plus les chantiers de restauration. Son intervention sera plus ponctuelle. C’est ainsi qu’elle a soutenu l’acquisition d’œuvres d’art comme le célèbre « Buste d’homme accoudé » (vers 1463-1467) attribué à Nicolas de Leyde ou des manuscrits comme le cartulaire du grand chapitre de la cathédrale de Strasbourg du XIIIe au XVIe siècle provenant de l’abbaye bénédictine de Melk en Autriche.
Sous l’impulsion du président Walter, d’importantes festivités se tiennent du 23 au 27 juin 1939 pour commémorer le demi-millénaire de l’achèvement de la flèche de la cathédrale. Peu après, la guerre éclate et l’Alsace est annexée par le 3ème Reich. La Société cesse toutes ses activités culturelles et son équipe dirigeante est dispersée. De son exil en Dordogne, l’évêque de Strasbourg Mgr Ruch ne peut empêcher la spoliation de la Société des Amis de la Cathédrale.


Après la guerre, les activités tardent à reprendre. Le Bulletin a pris des retards répétés et sa parution sera très irrégulière. Etienne Fels (1900-1970) reprend le flambeau de son ami en 1952. Il organise en 1968 un colloque sur le Pilier des Anges dont la beauté a tant fasciné cet érudit. L’éminent professeur d’histoire de l’art de Bâle, Hans Reinhardt (1902-1984), lui succède en 1970. Le Bulletin de la Cathédrale de Strasbourg connaîtra une parution très régulière.


Le 24 avril 1975, la présidence de la Société est confiée à François Joseph Fuchs, le nouveau directeur des Archives municipales de Strasbourg. Ce dernier organise des festivités pour le 700ème anniversaire de l’achèvement de la nef en septembre 1975. Il a fortement contribué à la connaissance de l’édifice, notamment par ses recherches dans les archives et la publication de nombreux documents du Moyen Âge sur la cathédrale, comme les comptes de l’Oeuvre Notre-Dame ou le carnet de dessins de Hans Hammer. Il a été un ardent promoteur des Amis de la Cathédrale. Soucieux d’assurer la relève, il quitte ses fonctions après 19 années de présidence. Le 6 avril 1994, Jean-Paul Lingelser lui succède.

Liste des présidents de la Société des Amis de la Cathédrale de Strasbourg
Friedrich Wilhelm Beemelmans 1902-1906
Mgr Gustave Keller 1906-1910
Mgr François Zorn de Bulach 1911-1919
Anselme Laugel 1919-1928
Chanoine Joseph Gass 1929-1933
Chanoine Joseph Walter 1933-1952
Etienne Fels 1952-1970
Hans Reinhardt 1970-1975
François Joseph Fuchs 1975-1994
Jean-Paul Lingelser 1994-

3 presidents




deux presidents

de gauche à droite: Hans Reinhardt, le Chanoine Joseph Walter et Etienne Fels
(Cliché de la Société -vers1935-)
de gauche à droite: Jean-Paul Lingelser et François Joseph Fuchs
(Cliché de M. Jean-Claude Malabouche - décembre 1996-)

Depuis lors, la Société a renforcé son audience auprès du public. Elle a soutenu de nombreux travaux de restauration, comme le nettoyage complet des ornements en bronze doré et des marbres du maître-autel de Massol. Elle a participé financièrement aux travaux de restauration des Tapisseries de la Vie de la Vierge. Elle a cofinancé la mise en valeur de la méridienne de Schwilgué et la restauration du globe céleste de l’horloge astronomique. En 1999, la Société s’est préoccupée de l’évolution juridique de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, dont les travaux sont désormais placés sous l’autorité exclusive du Service des Monuments Historiques. Depuis cette date, cette antique institution ne dispose plus, comme par le passé, d’un architecte en chef qui lui est propre, l’Etat et la Ville ayant procédé à la nomination conjointe d’un architecte en chef des Monuments Historiques unique. La Société, en particulier lors de son Assemblée Générale du 27 avril 2005, s’est émue des modalités et des conditions dans lesquelles se sont engagés les travaux de transformation du chœur de la cathédrale dans le cadre de son réaménagement liturgique en 2004.

La Société a réalisé une refonte de ses statuts le 26 avril 2000 pour mieux tenir compte de l’évolution juridique des associations. A la suite de cette modernisation indispensable, la Société a été reconnue d’utilité publique par un arrêté préfectoral du 10 septembre 2001. Elle a commémoré son centième anniversaire par des festivités qui se sont déroulées avec éclat à la cathédrale le 27 septembre 2002, célébrées par Mgr Joseph Doré, archevêque de Strasbourg et suivies d’une réception dans la Salle du Synode au Palais Rohan où s’était tenue la première assemblée générale constitutive. A cette occasion, la Société a procédé à l’acquisition d’une œuvre d’art de Camille Claus représentant la cathédrale de Strasbourg. Tout en conservant son siège social à la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, 3 place du Château, elle a inauguré, le 18 novembre 2003, les nouveaux locaux administratifs obtenus de la Ville de Strasbourg au 6 rue du Maroquin.

A l’évidence, la Société joue un rôle éminent dans l’historiographie de la cathédrale depuis plus d’un siècle. Aucune recherche bibliographique sérieuse sur ce monument ne peut être envisagée sans se référer à l’importante collection de ses Bulletins. Elle a fait paraître, de 1903 à 2006, un ensemble prestigieux et unique de 34 fascicules, une somme considérable et impressionnante qui est ainsi offerte aux spécialistes en histoire de l’art, tout comme à tous les admirateurs de l’édifice.


© Société des Amis de la Cathédrale de Strasbourg - 2007